Douleur

La douleur, quésaco?

Selon la définition officielle de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ».

La douleur est synonyme d’alarme et de mal-être. Elle veut alerter qui la ressent de quelque chose.

De quoi ? D’un problème, peu importe qu’il soit physique, psychique ou les deux ensemble.

Quand on a mal, c’est que ça ne va pas. Il faut donc aller comprendre où et pourquoi.

Où ressent-on la douleur?

Dans le cerveau. Toujours.

Si on se cogne le genou et que le genou nous fait mal, ce n’est pas lui qui ressent la douleur, mais la représentation de notre genou dans le cerveau.

Dans notre cerveau il y a une aire sensorielle (ou sensitive) où toutes nos parties du corps sont représentées grâce à une cartographie bien originale appelé homunculus.

Lorsqu’un endroit est sollicité ou souffre, sa représentation cérébrale s’allume. C’est alors qu’on sait qu’on reçoit une stimulation. Pas avant.

Les voies de la douleur

La connexion entre périphérie et centre se fait via les nerfs.

On peut imaginer un système de routes où les Autoroutes sont les voies de la sensibilité et les Nationales les voies de la douleur.

Sur les Nationales on peut aller moins vite que sur l’Autoroute: on a intérêt à ce que la douleur soit moins rapide que le toucher, sinon le message passerait excessivement et on aurait trop mal.

Quand on se cogne le genou et qu’on appui fort dessus avec la main c’est bien pour ça: la sensation du toucher se superpose à celle douloureuse, elle prend l’autoroute et arrive la première au cerveau, qui la reçoit en priorité par rapport à la douleur. Quand la douleur arrive, elle est présente mais passe donc en second plan.

Les filtres de la douleur

Sur les voies de la douleur il y a des péages et les policiers routiers, qui font fonction de filtre.

Les premiers c’est comme des passoires situées à des endroits fixes et dont les mailles peuvent se serrer ou s’élargir en fonction de la douleur à transmettre. Ces filtres se situent dans le système lymbique, siège cérébrale des émotions et de la mémoire. Le principal s’appelle Thalamus.

Les deuxièmes ce sont des molécules qui circulent et régulent le trafic douloureux (ils l’arrêtent, ils lui imposent une limitation de vitesse…). Parmi elles, la Sérotonine, la Noradrénaline, la Dopamine

Qu’est-ce qu’influence le calibre des passoires et l’activité des policiers? Plusieurs facteurs, comme l’intensité de la douleur au départ, l’humeur, les émotions, l’état énergétique de la personne.

La démonstration: lors qu’on se casse un os ça fait plus mal que lorsqu’on se cogne, quand on a peur la douleur est plus forte que quand on est heureux, lorsqu’on est fatigué la douleur est plus envahissante de quand on est reposé.

Dans le cerveau la douleur est donc soit étouffée soit amplifiée, cela dépend si l’on en a peur ou pas. Si on se mets en état d’alerte, plusieurs zones de notre cerveau s’activent pour amplifier le message douloureux. Cela est outil précieux en cas de danger imminente (appendicite, luxation…) mais devient une erreur du cerveau en cas de douleur prolongée (dont la cause périphérique est désormais négligeable comparée à la douleur ressentie).

Types de douleurs

On distingue trois types de douleurs:

  • La douleur nociceptive correspond à une douleur “normale” provoquée par une lésion ou une inflammation des tissus : le système nerveux fonctionne correctement et signale un dommage réel.
  • La douleur neuropathique apparaît lorsqu’un nerf ou le système nerveux est lui-même lésé ou malade, ce qui produit des douleurs anormales comme des brûlures ou des décharges électriques.
  • La douleur nociplastique, enfin, résulte d’un dérèglement du traitement de la douleur par le cerveau et la moelle, sans lésion suffisante visible, avec une hypersensibilité globale du système douloureux.

Douleurs nociplastiques

Les nerfs de la douleur, les filtres de la douleur et la représentation de notre corps dans le cerveau peuvent dysfonctionner parfois, notamment lorsqu’on est dans un état de trop plein / burn-out / épuisement / dépression.

Les passoires s’élargissent, la police routière se met en arrêt de travail, les Nationales sont livrées à elles-mêmes, tout cela avec un seul but : celui de nous suggérer qu’on a dépassé une limite, qu’il faut qu’on s’arrête et qu’on fasse de la manutention, parfois carrément qu’on se reconstruise.

Le message d’alerte passe – on a mal – mais souvent sans l’explication qui va avec, ainsi on fait tous les examens de la terre (scanners, IRM, échographies…) pour ne rien trouver de visiblement pathologique. Pourtant on souffre, pourtant on s’aggrave.

C’est normal: la douleur peut être réelle même si la périphérie est saine. Elle est soutenue par les filtres de la douleur, les nerfs et le cerveau qui transforment le plus simple stimulus en forte douleur (le contacte du drap sur la peau…) ou alors qui permettent à une zone « saine » de transmettre une douleur même sans stimulation.

Voici le mécanisme qui se cache derrière les douleurs fonctionnelles: celles dont la fonction est lésée sans que l’organe ne semble atteint, comme la fibromyalgie ou le syndrome de l’intestin irritable.

Douleurs organiques

Ça c’est plus facile, c’est les douleurs qu’on considère « normales », qui correspondent à une image pathologique au scanner, à une lésion cutanée, à une lésion nerveuse mise en évidence à l’électromyogramme, etc…

La douleur dans la tête

Si vous avez déjà entendu quelqu’un vous dire : « Votre douleur est dans la tête », c’était donc vrai : la douleur est toujours dans la tête, qu’elle corresponde à une lésion visible ou à un dérèglement des filtres de la douleur.

La douleur, une foie ressentie, est toujours vrai. Quelle que soit son origine.

Dans tous les cas, la douleur est influençable par l’esprit, l’humeur et les émotions.

Comment ça se soigne

Au cas par cas mais, si la douleur persiste depuis plus de trois mois, il faut surtout reprogrammer le cerveau et en lui apprenant à regarder la douleur sans plus en avoir peur (voir article « Thérapie de reconditionnement de la douleur chronique »).

Si un stimulus est présent, il faut essayer de l’enlever (cancer, inflammation, lésion…) ou atténuer sa vitesse de transmission. Selon que la douleur soit nocicéptive ou nociplastique le médecin emploie des médicaments et de techniques complémentaires differentes.

Les médicaments antalgiques ne sont pas les mêmes selon que la douleur soit nociceptive ou neuropathique. Ne parlons pas de quand la douleur est nociplastique, dans ce cas les médicaments antalgiques n’ont presque pas d’action.

Ci-dessous je vais détailler ce que l’on peut proposer pour soigner une douleur.

Il faut toujours tenir en compte que toute douleur est modulée par des centres cérébraux (système limbique) qui sont influencés par l’état émotionnel, alors des soins complémentaires à la médecine chimique doivent toujours être considérés dans la prise en charge antalgique.

Voici les différents outils thérapeutiques du patient qui a mal :

  • Médicaments
  • Mouvement (kinésithérapie, thai-chi, qi-gong, yoga…)
  • Manipulations (Fasciathérapie, kinésithérapie Mézière, Ostéopathie, massages)
  • Neuromodulation auriculaire
  • Thérapies brèves (Thérapie de reconditionnement d cela douleur chronique, Hypnose et TAC, TCC, ACT, EMDR…)
  • Psychothérapie
  • Relaxation et sophrologie
  • Mindfulness / Méditation pleine conscience
  • Psychomotricité
  • Acupuncture
  • Shiatsu
  • Mésothérapie
  • Balnéothérapie
  • Cure thermale
  • Prise en charge nutritionnelle / diététique

Afin de mieux connaîtres ces outils, aller lire l’article correspondant dans l’ongles outils thérapeutiques

Mon dessin de la douleur 🙂